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Kensa J’ai commencé par tagger en 1996, je kiffais refaire le parcours de la veille et voir les endroits où j’étais passée, ça me rappelait des situations ou ambiances de la soirée. Je me suis alors plus sérieusement énervée avec les chromes le long des voies ou en ville, je recherchais le meilleur endroit pour que ma pièce soit vue. La recherche de sensations et d’adrénaline, m’a amenée au train et plus tard j’ai testé la couleur En arrivant à Toulouse en 1998 où j’ai rencontré Reso, j’ai été impressionnée par le niveau des fresques ce qui m’a motivée pour progresser dans ce domaine J’appartiens aux crew RTT VMD 90DBC DSK. Ce que j’aime avec le graff, c’est qu’il existe de nombreux supports qui vont du mur en passant par les stores, les camions, les toits ou le train. C’est à chaque fois une approche différente. Le train doit être percutant et avoir un style ça reste pourtant du vandalisme pur et dur auprès d’un spectateur non initié. A part les graffeurs, peu de gens s’intéressent aux trains. De toute façon tu peins pour toi, tu n’as pas choisit de vivre de la même façon que les gens en général, tu vis de nuit et tu vas dans des endroits qu’ils ne connaissent pas ou qui les repoussent. Tu t’appropries ces lieux peu fréquentés ou abandonnés. Le mur parle plus aux gens qui ne le prenne pas pour quelque chose de vandale ou agressif et vont aimer les couleurs, le fond, les persos Ce n’est pas plus facile de faire un beau mur qu’un beau train, ça ne rentre pas aussi vite, tu as le temps de t’énerver, de te battre avec ton graff pour qu’il soit propre, que les lettrages pètent par rapport au fond ou bien s’y intègrent Une fresque c’est un moment passé avec des potes à faire ce que tu aimes. Voilà, actuellement, je ne suis plus trop branchée par le vandalisme (procès aidant), bien que ça fasse partie des meilleurs moments passés et que ce soit pour moi un passage indispensable à tout graffeur Je peins un peu moins en ce moment, car il faut bien manger et donc gagner sa vie, ça prends du temps. J’aime toujours cependant passer de bons week-ends graffiti, en recherchant dorénavant à progresser dans l’harmonie des lettrages et le travail du décor de fond de la fresque. Je prépare avec Lady k et Lenie une expo pour mai et d’autres évènements. Le top c’est trouver un bon endroit, dans la rue ou des palissades de chantiers vues par les passants, qui ne sont pas forcément autorisés mais tolérés par les autorités, ça permet de prendre le temps de faire de beaux lettrages dans un décor urbain, mettre une touche de couleur dans la grisaille urbaine quotidienne car ta peinture sera vue et accessible à tous, pas besoin de payer pour voir une expo le dimanche dans la rue, c’est gratuit, c’est ça aussi le graffiti Te sens tu affiliée au mouvement hip-hop ? Le graffiti est né de ce mouvement ou plutôt en fait partie intégrante même si certains graffeurs se sont éloignés ou n’appartiennent pas à ce mouvement, ça ne m’empêche pas de respecter leur travail. C’est un mouvement où je trouve de l’énergie et de la motivation, le son et la danse, je voudrais juste qu’il soit encore plus présent dans la vie de tous les jours sans être faussé par toutes les étiquettes qu’on cherche à lui donner. |