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Quand les fruits perdent la tête Du 4 mars au 20 mars - Vernissage le 12 mars Claire Cohen Lachiver est actuellement en deuxième année de thèse d’arts plastiques à Paris I-Panthéon Sorbonne, son travail est axé sur le thème de la nature morte. La Galerie 1èré Station présente Claire Cohen Lachiver sélectionnée par l’IESA à l’occasion du festival artistique étudiant “Ici et Demain” organisé par la Mairie de Paris. Ce festival permet à tous les étudiants d’Ile-de-France de faire connaître la diversité, la richesse et la qualité de leurs productions artistiques. Cet évènement pluridisciplinaire qui mêle théâtre, danse, musique, courts métrages, arts plastiques et numériques, est une occasion unique pour donner à voir la créativité des étudiants et pour encourager la création artistique. Cette 5e édition, qui a lieu du 6 au 20 mars, se déroule dans plus de 30 lieux culturels prestigieux à Paris et Ile de France. Claire Cohen Lachiver réalise ses œuvres sculpturales à partir de fruits et légumes, de contenants divers et de plâtre. Elle les photographie ensuite pour en offrir une vision poétique par laquelle l’aliment acquiert une nouvelle éternité. Les titres de ses œuvres, souvent en décalage, teintent d’une légère ironie ses images graves et incongrues. Egalement, les installations et suspensions monochromatiques grises qu’elle réalise avec ses fruits et légumes offrent une vision étrange d’un temps suspendu, comme arrêté. Avec des objets du quotidien, elle tente de transcender le banal, de donner à voir des formes qui nous renvoient à nous-mêmes. Par la mise en scène de ces aliments, elle a envie de raconter de petites histoires. Par les photographies et le rapport qu’elles entretiennent avec leurs titres, elle effectue un va-et-vient constant entre différentes notions qui nous touchent intimement comme la recherche du bonheur, la conscience du temps, l’éphémère ou l’insouciance. Souvent opposées, ces idées se cognent, se percutent et s’électrisent. Son projet est composé de deux parties : d’une part, des photographies de vrais fruits et légumes, de moulages en plâtre et d’inclusions de résine, série intitulée Vie et mort de fruits et légumes ; d’autre part, une autre série avec des photographies de moulages d’intérieurs de chaussettes, Les chaussettes qui se prenaient pour des légumes. Une poire de quatre ans est soigneusement conservée, embaumée, chérie. Un pamplemousse se contorsionne sous le poids des ans, déformé par l’arthrose qui le fait terriblement souffrir... Un citron se couche, exténué par sa journée de travail, sur un lit de tomate : un citron dans un lit ? Et une momie de poire ! Fait-on des momies de fruits ? Quand on voit la photographie de la Momie de poire, elle ne porte pas à rire au premier coup d’œil. Celle-ci montre une poire grise, flétrie, desséchée, recroquevillée et moisie. Elle peut être répugnante pour certains, les renvoyant à l’idée de la mort, du fruit pourri et dégoûtant tandis que d’autres la trouveront belle à regarder, d’une jolie texture, fascinante même. Pour l’ensemble des photographies, les sujets ne sont pas identifiables immédiatement. Dans un premier temps, on regarde l’image, on s’interroge. Puis le titre nous donne plus de pistes et là, en même temps qu’on prend connaissance de l’objet, le décalage du titre nous amuse : un pamplemousse qui souffre d’arthrose ; à l’issue d’une fouille archéologique, la découverte étrange et mystérieuse de vertèbres de poivrons... L’autre versant de son projet est une série de photographies en plus petits formats et d’humeur légère. Composée de six photographies en 40x60 cm, elle s’intitule : Les chaussettes qui se prenaient pour des légumes. Dans des tons de gris qui s’opposent à des couleurs vives orange ou rose fuchsia, on s’amuse à chercher des ressemblances entre ces sculptures et des fruits ou des légumes. A fleur d’image, les objets semblent percer l’écran photographique et donnent envie qu’on les caresse. Comme dans la série précédente Vie et mort de fruits et légumes, on peut avoir de l’attirance ou au contraire de la répulsion pour ces images : quand certaines sculptures sont empreintes de douceur et dévoilent un aspect duveteux, d’autres semblent accrocher, piquer, râper. Ici, la couleur se fait douce, apaisante ou bien violente, parfois intrusive. C’est une histoire de fruits et de légumes que Claire Cohen Lachiver souhaite conter. Cette histoire est la nôtre. Elle se veut drôle et triste, éphémère et éternelle, grise et lumineuse, colorée et fade. Ces fruits et légumes ou leurs ersatz nous renvoient à nos propres émotions, nos divers changements d’humeur, nos peurs. Un jour gai, le lendemain triste, un jour froid et fermé comme une tombe, demain ouvert et chaleureux. Alors acide ou suave ? Vernissage le 12 mars 2008 à partir de 18h30. |